Du projet urbain à Meaux : la passerelle du Marché (2)

Publié le 24 Mai 2006

Décider de construire une passerelle est un "geste" urbain qui est loin d'être anodin.
Pour Meaux, la construction de cette passerelle ne tient pas d'une nécessité, mais d'une envie ; d'un pressentiment qu'il serait "bien" d'avoir une passerelle piétonne en centre ville.
Et parce que c'est une envie et pas une nécessité, ce projet doit faire l'objet d'une exigence accrue, quant à sa réalisation, le choix de son emplacement, etc. Rappelons que c'est l'argent du contribuable qui va payer cette passerelle, et donc que cet ouvrage de confort (voir de luxe) doit vraiment apporter un plus indéniable à la ville.

 

Les questions que j'aborderais par la suite doivent amener à comprendre en quelques idées simples les tenants et aboutissant de ce projet de passerelle.

 

Un choix politique fondateur. 
Juste un rappel pour dire que le choix à l'origine du projet tenait entre détruire la passerelle existante ou la rénover. Pour des raisons qui n'ont pas été évoquées auprès du grand public, il a été décidé que la passerelle du Marché serait détruite. Bien ! J'ai déjà expliqué dans le post précédent en quoi selon moi ce choix se justifiait. Pourtant, le fait de construire une nouvelle passerelle piétonne ne découle qu'indirectement de cette démolition. Et vouloir placer le nouvel ouvrage dans le jardin des Trinitaires en fait un projet complètement différent !

 

Une nouvelle liaison urbaine. 
Dernièrement dans le journal La Marne (n° du 19 avril 2006), un article était consacré à la passerelle. Mises à part les sempiternelles querelles entre la majorité et l'opposition, cet article ne nous apprenait pas grand chose sur le projet en lui même (son emplacement par exemple ?). Cependant je retiendrais la remarque d'une élue socialiste, qui considérait que ne pas reconstruire la passerelle à son emplacement actuel, condamnait le centre commercial du Richemont. Cette remarque est en partie vraie. En partie seulement, parce que les commerces en rez-de-chaussée du Richemont ne sont pas gérés comme un centre commercial (tout comme le reste du centre ville et certainement à tort, mais ceci fera l'objet d'un autre post). Ensuite que cet ensemble vivote depuis des années ; la majorité des espaces commerciaux tournés vers la Marne étant fermés. Mais il est vrai, qu'un projet de passerelle aurait pu tout à fait entrer dans un projet urbain ayant une volonté de revitaliser cette partie de la ville : en intervenant ici on touchait à la question de la mise en valeur du rez-de-chaussée commercial du Richemont, mais aussi à la pratique de plusieurs espaces publics du centre ville comme la place Jean Bureau, la place du Marché, le quai de la Grande Ile (où se trouve actuellement les arcades glauques du Richemont) et donc une partie des berges de la Marne... auxquels une passerelle aurait reliée les voies rapides du quai Victor Hugo et la place de la Mairie. La passerelle étant à la fois partie (détail) d'un projet plus important, et moteur de ce même projet qui vient à moyen terme à changer concrètement de nombreux espaces du centre ville.

 

Le choix très pertinent de construire une nouvelle passerelle entre le Richemont et la rive droite de la Marne, n'a pourtant pas été retenu. La nouvelle passerelle trouvera sa place entre le jardin des Trinitaires et le quartier de la Grande Ile (quartier Luxembourg).

 

Le futur ouvrage s'inscrit également dans la volonté de revitaliser un certain nombre d'espaces publics de la ville, mais d'un ordre différent que ceux du projet concernant le Richemont.
Le jardin des Trinitaires tout d'abord, plus grand espace vert du centre ville, et pourtant enclavé, entretenu de façon très minimale et pâtissant d'une mauvaise réputation (!). Redonner une fonction de passage aux Trinitaires, en reliant la gare au quartier assez peuplé du Luxembourg par le jardin, est sans doute une bonne idée, mais est-elle suffisante pour changer la pratique du jardin? Sans trop s'étendre dans un hors sujet, disons que le jardin des Trinitaires non seulement devrait se trouver une nouvelle fonction (un grand espace de jeux? un espace ouvert? un jardin? un espace de manifestation?) mais s'inscrire en plus de cela dans un vrai projet urbain concernant le quartier de la gare (gare SNCF, gare routière, parkings et circulations, réaménagement de la place LaFayette de la place de la gare...) et donc trouver sa "nouvelle forme" en conséquence ; dans cette dernière remarque, je fais allusion notamment à savoir si il est pertinent de garder ou non la fameuse allée de peupliers d'Italie, centenaires certes, mais aussi malades...

 

La destruction à plus ou moins long terme du barrage qui joue accessoirement le rôle de liaison piétonne entre le quartier Luxembourg et la gare, et sa reconstruction un peu plus loin en aval sur la Marne, joue aussi en faveur de la construction de la passerelle à cet endroit.

 

La municipalité a depuis longtemps la volonté de redonner aux berges de la Marne (si ce n'est au "vide" de la rivière en lui même) une place dans la ville. Cette volonté concernant autant le projet qui aurait pu convenir au Richemont que celui qui se prépare pour les Trinitaires, ne fait aujourd'hui l'œuvre d'aucun projet d'ensemble ! Et chaque projet qui se réalise aujourd'hui sur les quais - de la rénovation des luminaires, à l'installation d'une péniche-restaurant, en passant par le projet de passerelle et celui (fantasque ! ?) d'une liaison par ponton flottant entre le mail du Royal Piémont et le quai Sadi Carnot - se fait à l'envie, et sans aucune unité. La halte fluviale est un exemple type de ces interventions "collage" plus ou moins joyeuse, et dont je parlerais dans un prochain post.

 

 

 

Tout ceci pour en arriver à la question que je me pose de savoir quel emplacement physique trouvera la future passerelle sur la Marne?


Rédigé par F.B.

Publié dans #710 Urbanisme - Paysage

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