Exposition : "Les Passions de l'Âme" au musée Bossuet

Publié le 1 Juin 2006

Quand le musée Bossuet se prend pour un véritable musée, ça donne des expositions comme "Les Passions de l'Âme". A l'origine de cet évènement culturel meldois, la promesse de don au musée de la ville de 14 nouvelles œuvres issues de la collection privée Jean-Pierre et Annie Changeux.
Composée de peintures françaises et italiennes des XVIIe et XVIIIe siècles, représentations d'histoires religieuses ou mythologiques, la collection du neurobiologiste et de sa femme alimente déjà celle du musée depuis 1983.


Si le musée semble être un bel écrin pour ces peintures délicates et colorées, les salles du palais épiscopale pâtissaient jusqu'alors d'un mauvais éclairage des oeuvres, et un accrochage vieillot ne mettaient ni les salles ni les tableaux en valeur.

Et puis cette exposition, a sans doute permis de donner un coup de lift au musée Bossuet ; qui enfin peut prétendre au nom de musée... 
C'est d'abord l'accueil du musée, déplacé dans l'aile gauche du palais (au RDC) qui donne le ton à ce renouveau : un espace plus grand et mieux aménagé, bien qu'un peu froid et mal indiqué (à l'extérieur). Ensuite la mise en scène des oeuvres a été complètement repensée. Après avoir monté à l'étage, le parcours à travers les salles, se fait à sens unique. Seuls le cabinet de Bossuet et la chapelle sont fermées à la visite. Enfin un travail sur l'éclairage (store occultant devant les fenêtres, rampes de spots...) permet d'apprécier pleinement les œuvres, sans les reflets qui nuisaient pas mal à leur contemplation.


Hors quelques expositions passées, notamment celle dédiée au tricentenaire de la mort de Bossuet, le palais épiscopale avait l'air "vide" et sans réelle unité. Froid aussi et plutôt triste. L'ameublement d'une pièce comme à l'époque, un accrochages nouveau, ou l'aménagement de vitrines, et le musée devenait plus agréable. Prenait du sens. Mais les aménagements restaient éphémères. J'apprécierai (et je ne serai certainement pas le seul de cet avis) de voir l'accrochage et la scénographie actuels perdurer (un moment au moins).  




L'exposition elle même reprend une grande partie des œuvres de la collection permanente du musée. Ces peintures m'ont au début quelque peu rebuté, tant elles semblaient parler uniquement au spécialiste de l'art ou de l'histoire. Il faut dire que la peinture du XVIIe et ses représentants, ne sont pas forcément des plus abordables : à part le nom des frères Le Nain ou de la dynastie des Boullogne qui m'évoquait vaguement quelque chose, les autres peintres présentés faisaient figurent d'illustres inconnus.
Et puis il faut passer outre ce manque culturel, ne pas vouloir décrypter cette période de la peinture ou vouloir devenir un spécialiste. Il suffit de regarder les peintures. Et les histoires qu'elles racontent. Ressentir ce qu'elles expriment. Et sans connaître forcément la vie des saints ou les passages de la mythologie racontés, juste contempler et laisser vagabonder son imagination, dans des scènes qui expriment une humanité forte et intemporelle. 


J'ai vraiment aimé cette exposition. 



L'exposition Les Passions de l'Âme, se tient jusqu'au 27 août 2006 au musée Bossuet à Meaux(*), avant de faire escale à Toulouse au musée des Augustins du 16 septembre 2006 au 28 novembre 2006, puis au musée des Beaux-Arts de Caen, du 09 novembre 2006 au 12 février 2007.
;-)



*Ouverture du musée tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h (sauf le mardi). Entrée à 3€ plein tarif, 2€ tarif réduit, gratuit pour étudiants et moins de 18ans et le mercredi pour tous. Audioguides disponibles à l'accueil.

 

Rédigé par F.B.

Publié dans #700 Culture

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