Architecture : façade à la mode !

Publié le 12 Août 2006

« Jardin vertical », « tableau vivant », le mur végétal est à la mode en ce moment. Un commerce à Meaux l'a osé ; commerce qui reste relativement anonyme pour l'instant, mais qui m'a l'air branché écolo new age, à la "Nature et Découverte". Avouons que pour l'instant la devanture du futur magasin, bien qu'originale, ne donne pas grand chose : peau de chagrin, ou le trop peu de plantes laisse apparente toute la structure du mur-jardin.


L'idée du mur jardin n’est pas nouvelle. Patrick Blanc, botaniste et chercheur au CNRS, mais aussi designer un peu barré à la mèche verte, s’est fait connaître il y a un peu pus de 10ans (1994) en réalisant le premier mur du genre, à l’occasion du festival des jardins de Chaumont sur Loire (http://www.chaumont-jardins.com). Un numéro du magazine d'M6, Zone Interdite, datant du 9 avril dernier (et rediffusé le 6 août dernier dans les Documents du Dimanche*, toujours sur M6), lui était d'ailleurs en parti consacré. On y suivait la fabrication d'un mur créé dans l’enceinte du plus grand centre commercial (de luxe) de Thaïlande.

 


Des murs couverts de vigne vierge, de lierre (véritables nids à araignée) il est assez courant d’en voir. On pourrait les qualifier aussi de mur végétaux ! Mais un mur couvert de vigne et un mur végétal ce n'est pas la même chose. Alors quelles sont les différences entre un mur végétal et un mur couvert de végétation ?
 
Et bien d’abord, le lierre ou la vigne, qui tombent ou grimpe en s’accrochant au mur, ne peuvent se passer du sol d’où ces plantes tirent l’eau et la nourriture qui servent à leur croissance. Les plantes du mur végétal, vont vivre directement sur le mur qui leur sert à la fois de support et de sol artificiel : les nutriments et l’eau ruissellent le long du mur. 

Ensuite le mur permet de composer un vrai jardin, là où on subit les caprices de pousse des plantes grimpantes (ou rampantes). Enfin c’est l’ouverture aussi à un choix beaucoup plus important d’espèces végétales locales ou exotiques.

Le mur végétal si il a des vertus écologiques et esthétiques indéniables (ce qui en fait l’attrait aujourd’hui), trouve sa principale contrainte dans sa grande consommation en eau ; autant dire qu’il n’est pas encore à la portée du grand public !  

 

Enfin je vous signale qu’il est possible, à Meaux, d’observer un semblant de mur végétal, et fonctionnant sur le même principe : il s’agit du « rocher suant » au centre du bassin du jardin Bossuet ! 
 

 

 

 *"Les Documents du Dimanche" Jardins, balcons, terrasses : la grande passions des Français. 80 % des foyers ont un espace réservé aux plantes. Portraits de passionnés et de créateurs de jardins... 

On commence à ne plus compter les réalisations de Patrick Blanc, en France et à travers le monde. Le site Archiguide.free.fr, recense une partie de ces oeuvres, illustrées en photo, à cette adresse : http://archiguide.free.fr/AR/blanc.htm On retiendra entre autre dans cette liste, un mur végétal spécialement créé pour le tout récent musée des arts premiers du quai Branly, si désiré par notre président. Une réussite...

Rédigé par F.B.

Publié dans #720 Architecture et Patrimoine

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pew 15/12/2007 16:59

Petit info concernant le mur végétal (réalisé par un de mes amis), les plantes sont amenées à pousser et le mur va prendre sa consistance avec la temps. Toute la difficulté de l'exercice étant d'ailleurs d'être capable de projeter sa réalisation dans le temps.Pour info le défi consiste aussi à trouver un autre système d'irrigation que celui de P. Blanc, breveté !J'en profite aussi pour dire que ce site est très sympa, vraiment bien fait et j'apprends plein de choses sur ma ville ! Bravo !

F.B. 15/12/2007 23:16

Merci de votre commentaire... L'article date déjà d'il y a plus d'un an, et les photos d'avant l'ouverture de Soup' and Juice. Depuis la façade a changé.Et c'est vrai que le végétale est quelque chose qu'il est difficile d'appréhender , et qu'on ne rends pas toujours en compte. On a quand même un bel exemple pas très loin de Meaux, de maitrise du végétal et de son échelle, et un modele du travail du végétal et des espaces verts : Disney !