Le "coin" de la place de l'Europe

Publié le 22 Mai 2008



Nous sommes au carrefour de la rue de la Crèche et de l'avenue Aristide Briand. Le bâtiment sur la photo est un immeuble de bureaux, construit dans les années 90, dans le cadre de la ZAC du Mont Thabor (cité administrative). Un temps il fut occupé par la Caisse d'Epargne (l'est-il toujours ?).


L'angle, traité de façon monumentale, avec ce cube en "lévitation" pris entre les deux ailes du bâtiment, marque l'espace du carrefour, et crée une entrée (une porte) vers la place de l'Europe et ses administrations (Hôtel des Finances, Palais de Justice, Sous-préfecture...).

Ce traitement de l'angle nord-ouest de l'ensemble architectural et urbain de la cité du Mont Thabor, entre la place de l'Europe et le centre ville, n'est pas inintéressant. Et l'espace pourrait être assez "joli" si il ne collectionnait pas autant de défauts qui en font un "coin glauque", voire l'un des plus mauvais aménagements urbain (d'un espace majeur) du centre ville de Meaux.





Si vous regardez la photo ci-dessus, il doit y avoir deux ou trois choses qui vous sautent aux yeux. Comme cette accumulation d'objets, (mal) placés juste devant cette entrée : les panneaux de direction et de circulation, les conteneurs à verre, la boite aux lettres des postes.... pourquoi les avoir mis là ? Côté pratique je suppose. On les a fait visibles et accessibles. Mais ils gênent aussi et nuisent à l'aménagement général de l'angle. Ils pourraient sans doute être mis ailleurs (ce n'est pas la place qui manque dans le coin). Il serait assez simple de corriger ces défauts, juste en bougeant les deux - trois conteneurs concernés. Bon.

Il y a ces entrées de parkings de chaque côté. Utiles ou pas ? Le stationnement est-il bien pensé autour du bâtiment ? Les passages cloutés sont-ils biens placés ? Ne peut-on pas les revoir ?

Ce n'est pas tout. Il y a aussi la façon dont a été réalisé ce passage :
- Le sol, d'abord, dont la différence de niveau force à avoir des marches "gênantes" - résultat de la conception du sol de la place "façon dalle" (j'y reviendrais plus loin)
- Et puis ce faux-plafond (surtout ce faux-plafond !) qui s'envole au moindre coup de vent (bien qu'on l'ai refait assez récemment). Résultat : on a installé des barrières de sécurité des plus inesthétiques sous ce porche, solution temporaire mais qui renforce l'impression négative que l'on peut avoir de cet espace.

On pourrait mettre aussi dans le lot la pancarte ou est écrit "EUROPE" (pancarte inutile). Ou encore les antennes téléphone qui coiffent le cube. Etc.



Mais il y a plus déterminent. Qui tient à la raison même de l'existence de ce passage. Où débouche-t-il ? Quels espaces relie-t-il ?

D'un côté, un carrefour donnant sur une voie peu urbaine, et pas très attractive. Comme l'avenue Salvador Allende, ou comme les quais, l'avenue Aristide Briand est plus une voie rapide urbaine qu'une avenue digne de ce nom. On ne s'y ballade pas par plaisir.
De l'autre, une place aux dimensions importante, mais vide. Où il ne se passe rien. Où on n'a pas envie d'être... Même la terrasse de la brasserie adjacente, ou du restaurent de l'hôtel un peu plus loin ne suffisent pas à l'animer - alors qu'il doit s'agir d'une des plus belles terrasses de Meaux (sans déconner), exposée plein sud ! Bon, la vue n'est pas terrible ^^...



C'est la conception même du Mont Thabor qui est mis en cause ici.


L'ensemble de la cité administrative n'est pas, disons-le, une franche réussite. Tant du point de vue urbain - où la place de l'Europe vit comme un urbanisme de dalle sans en être -  que de celui de l'architecture - le postmodernisme des bâtiments construits entre les années 80 et 90, passé par là, avec son lot de de façades en verre miroir teinté bleu, ou de carrelage, qui vieillit mal, n'étant ni du meilleur goût, ni le mieux que l'on puisse faire en matière d'architecture.

Le lieu, que l'on a construit en imaginant qu'il viendrait créer un trait d'union entre Beauval, Collinet, et le centre ville, n'a jamais rempli ce rôle. Les activités de la cité administrative ne suffisent pas à faire vivre la place de l'Europe. Pas plus que le peu de commerces qui y sont situés ne la rendent attractive. Et les habitants du quartier ne se sont pas appropriés l'espace de la place. Bref : ça ne fonctionne pas !

Le pire - ce que je notais précédemment - c'est l'effet d'urbanisme de dalle. Pour aller sur cette place de l'Europe on est obligé de monter quelques marches, de franchir un seuil. Marquer un seuil peut-être intéressant parfois - comme quand on monte les marches du parvis de la cathédrale (on rentre dans l'espace spirituel), ou celle d'une maison (espace privé), ou quand on descend les quelques marches de l'entrées de la médiathèque (par exemple) - pour séparer l'espace de la rue (espace du sol) de l'espace auquel on veut donner un sens ou une pratique différente (parce qu'il a une signification différente de l'espace public). Mais ça ne fonctionne pas partout. Et pourquoi a-t-on supprimé les passerelles et souterrains autour du centre commercial de la Verrière à Beauval, et refait des passages piétons à la place ? Pour remettre le centre commercial au niveau du sol, et au niveau de l'espace public (pour sécuriser l'espace aussi). Pour la place de l'Europe c'est la même chose. Il faudrait lui faire retrouver le sol de la ville, la remettre dans la continuité de l'espace public. Penser sérieusement aussi à trouver une identité à cette place, qui pourrait être végétaliser peut-être (mais pas à la façon de la place de Valmy si possible ^^)




Ce coin il n'est pas intéressant aujourd'hui pour la ville et son espace public, pas plus que la place de l'Europe, mais il pourrait l'être. Alors si on commençait par bouger ces quelques conteneurs disgracieux ?

Rédigé par F.B.

Publié dans #710 Urbanisme - Paysage

Repost 0
Commenter cet article

Benjamin 01/06/2008 01:52

Les dalles du plafond: tant qu'elles existeront elles se casseront le g... et serviront de refuge à pigeons.Cet espace est fort mal utilisé: le palais de justice, le commissariat, les impôts on n'y va pas tous les jours et en général on se passerait bien d'y aller: dans ce coin "central" il aurait mieux valu y placer la médiathèque, qui aurait fait le trait d'union entre "les deux villes"mais bon, on ne va pas tout casser, l'erreur est faite il faut gérer.Avantage des conteneurs de verre placés là: ils ne gênent pas sur le plan sonore: parce que le voisinage qui vient déverser ses bouteilles à toutes heures du jour et de la nuit, ça donne envie de tirer dans le tas quand c'est le casCe parvis vide, derrière, me pétrifie...

Thierry 28/05/2008 09:55

Et du coup le passage sous ce coin est réduit à une peau de chagrin, puisqu'en raison des barrières il n'y a qu'à peine 1m50 de large, même pas de quoi permettre à 2 personnes de se croiser.