Rénovation Urbaine (article du Parisien du samedi 19 avril 2008)

Publié le 19 Avril 2008

Je retranscris ici un article du Parisien. Je ne le commente pas. C'est un point sur la politique de Rénovation urbaine.
Une petite note au passage qui n'a pas vraiment à voir, mais la Marne dans son numéro de cette semaine aborde la question du commerce. C'est plus un constat qu'un véritable questionnement sur le commerce (aucun parti pris), mais c'est déjà bien de leur part de s'intéresser à un sujet hors actualité ^^.



MEAUX SALUE POUR SA RENOVATION URBAINE
samedi 19 avril 2008  / Le PARISIEN

http://www.leparisien.com/home/maville/seineetmarnenord/articles/MEAUX-SALUE-POUR-SA-RENOVATION-URBAINE_298447547 ]


" 125 millions d'euros ont déjà été investis pour changer la physionomie de Beauval et de la Pierre-Collinet. Des opérations mises en avant par l'ANRU.

ANRU. Derrière ce sigle se cache la transformation des quartiers de Meaux et de 450 villes françaises. L'Agence nationale de rénovation urbaine, composée de l'Etat et du 1 % logement (entreprises), a passé hier la matinée à Beauval et à la Pierre-Collinet.

« On est venu montrer l'une des rénovations de France les plus abouties, explique Philippe Van de Maele, directeur général de l'Anru. Les changements ici sont très perceptibles, les dossiers étaient prêts avant même le feu vert des financements. »

Deux logements détruits, un recontruit.

A Meaux, la rénovation urbaine à coups de démolitions-reconstructions a coûté 125 millions d'euros, entre 2004 et 2008. L'Anru a déboursé 68 M€, alors qu'elle verse en moyenne entre 30 et 40 M€ par ville. Et la commune espère bien signer une nouvelle tranche, pour démolir les 258 logements des trois dernières tours (Iris, Genêt, Hortensia à Collinet). « Nous avons réalisé près de 90 % du programme prévu, il reste la barre Fougère à démolir à Collinet et quelques îlots à achever », détaille Philippe Leterme, directeur de l'urbanisme, qui a piloté le dossier de rénovation urbaine.

Conduits par un minibus de la ville, une dizaine de journalistes suivent les officiels : sous-préfet de Meaux, sous-préfet à la ville, maire adjoint au logement, directeurs de la DDE, de l'Opac... A chaque arrêt, le directeur de l'Anru demande où sont les logements sociaux. A Meaux, pour deux démolis, un seul a été reconstruit. L'autre moitié est de l'accession à la propriété ou du locatif libre. « Nous avons fait ce choix pour réduire le taux de 53 % de logements sociaux à Meaux. Il doit être aujourd'hui de 48 %, estime Philippe Leterme, qui orchestrait la visite. Nous avons souhaité intégrer de la mixité dans les quartiers, attirer les classes moyennes. » Ici, le mètre carré se vend 2 700 €. Il descend même à 1 700 € pour cent logements construits par le promoteur Icade, à la place de Cheverny. « Nous lui avons vendu les terrains à bas prix, Icade a baissé sa marge et on arrive à ce prix très attractif », détaille le directeur de l'urbanisme.

La visite a montré combien les quartiers se sont ouverts. Le parc du Pâtis a créé une liaison entre Collinet et le quartier Foch. Les centres commerciaux Colbert et la Verrière ont été désenclavés. Mais, pour l'instant, le directeur de l'Anru est incapable de dire s'il pourra financer une prochaine tranche pour achever la transformation de Collinet."


(Valentine Rousseau)

Rédigé par F.B.

Publié dans #710 Urbanisme - Paysage

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Benjamin 27/04/2008 18:57

Vous me citez MLV qui est un pataquès pas possible, parce que le pouvoir n'est à personne...Il aurait fallu dissoudre les communes précédentes (quitte à en faire des arrondissements) et élire un maire de MLV, la ville étant bâtie selon un schéma classique: un centre, des faubourgs et des équipements rationnels; pas une juxtaposition de "quartiers" dissemblables.___________________Je conteste l'idée que ces constructions des années 60, c'est "le désastre": pour l'époque elles ont permis à 10 millions de Français (dont je faisais partie) de connaître l'eau courante (chaude en plus) dans le logement, des chambres pour les gosses, etc. On sortait d'une France ravagée par la guerre et on a du loger plus d'un million de rapatriés. La Pierre Co, par exemple, on se battait pour avoir un appartement dedans!On aurait poursuivi l'effort d'urbanisme pendant les années suivantes, même en finançant au quart des budgets précédents, on n'aurait pas ces bâtons merdeux dont on ne sait plus que faire! Les scandales immobiliers, ça a surtout été un peu plus tard, avec les accessions à la propriété des années 70. Cela dit, ça a toujours existé. Madame Haussmann disait déjà, naïvement: "je ne sais pas ce qui nous arrive: il suffit que mon mari achète un logement pour qu'une avenue doive passer dessus, et qu'on nous exproprie..."

F.B. 28/04/2008 17:22


"pas une juxtaposition de "quartiers" dissemblables"... vous mettez le doigt dessus !
Je termine la série d'article sur "la ville inhospitalière" (qui me donne décidémentdu mal !). C'est la première fois que j'écris plusieurs articles d'une traite, ceci expliquant peut-etre
celà...  enfin cette série d'article permettra de rediscuter de cette façon de faire la ville, qui pour vous ne l'est pas (et pour moi non plus d'ailleurs).


____________


Je ne conteste pas plus l'utilité la construction des grands ensemble à leur époque. D'ailleurs je vais vous faire plaisir avec le prochain article ^^.


Benjamin 26/04/2008 19:16

C'est exactement le "message" que je voulais faire passer.A ce prix là, en expropriant quelques champs de betteraves (500 hectares) situés sur une voie ferrée, on construit une ville "clé en main" avec sa gare, sa mairie, ses écoles, etc; et on y loge 5.000 personnes pour moins cher et pour plus rationnel;Le gruyère a beaucoup de trous... entendons nous bien je ne parle pas de détournements de fonds, mais simplement de gens qui vivent de ces opérations, et sur ces opérations de "rénovation"On dépense des milliards d'euros au niveau national, et on n'a pas plus de logements. Cherchez l'erreur.

F.B. 26/04/2008 23:03



Avec la construction des grands ensembles dans les années 60 une poignée de personne , à travers de grandes agences de BTP (on ne parlait pas de promoteurs à l'époque) s'est fait des "couilles en
or" (comme on dit ^^). Les propriétaires des champs de bettrave aussi. Certains savent etre là pour profiter de la manne que peut apporter l'argent public. Enfin si on ne peut pas faire
autrement...

_________

Par contre construire une ville clé en main pour moins cher je ne suis pas certain... regardez Bussy Saint Georges ! Et combien a coûté Val d'europe ? Combien a-t-elle rapporté ? 

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Ce qui me chagrine avec la Rénovation urbaine à Meaux, et ce qu'elle a coûté, ce n'est pas la somme d'argent en elle même. C'était un "du"... Mais il y a qu'on n'a pas profité de ces
subvention pour arriver a solutionner les problèmes urbains que sup-porte la ville, et il y en a pas mal. La rénovation urbaine, ça a été réellement la rénovation du bâti, et pas la
transformation de la ville.



Benjamin 19/04/2008 14:59

les grands esprits se rencontrent... j'allais en parler moi aussi.125.000.000. , à un peu plus de 100.000 euros par logement social (le tarrain est déjà là et ça fait déjà pas mal), cela ferait 1.000 logements HLM.On est loin du compte... surtout que de l'aveu même des "piloteurs" des logements seront vendus, et que de ce fait pas mal d'argent sera récupéré.

F.B. 19/04/2008 16:46


Attention avec les chiffres, vous savez Benjamin comme ils peuvent être trompeur ou que l'on peut leur faire dire tout et son contraire. 

Dans le 125M d'€ il y a la destruction des bâtiments, la création de voiries, certainement le salaire de chargés de mission, la création du parc du Pâtis, la réfections d'équipements
comme les terrains de sport et la piste d'athlétisme, etc. Et dans la reconstruction de logement une bonne partie en revient quand même à des investisseurs privés. l'OPAC a
construit assez peu de logements au final. L'avenue de la Marne est une superbe opération financière, etc...

A qui reviennent les bénéfices de ces opération ? Je doute qu'elles retournent entière dans les caisses de l'Etat...