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Un cristal bleu posé sur un socle (trop) massif. Une boite-pyramide tronquée, de verre et d'acier, sur un cube de béton... et voila. Et voila à peu près tout ce que
m'inspire cette oeuvre sculpture de l'artiste belge Jean Verame.
Inaugurée le 4 mars 2000 devant l'Hôtel de Ville de Meaux par la municipalité de Jean François Copé, ce que l'artiste qualifie lui même de "volume en vitrail éclairé
de l'intérieur", ne me touche presque pas. Devait-on attendre autre chose de la seule œuvre plastique réalisée "sous" Jean François Copé ? "Meaux ville d'art et d'histoire", vous
savez ce que j'en pense : paroles, paroles, paroles...
Je me suis posé quand même la question du peu d'intérêt que je trouvais à Désert (titre de cette sculpture). Une oeuvre abstraite anecdotique ? A la poésie limitée ? Un objet qui
ressemble à une enseigne publicitaire lumineuse, mais la signification en moins ? Le peu de rapprochement qu'on peut trouver avec le vitrail historique qui trône dans le grand escalier de la
mairie ? Ou bien avec les vitraux de la cathédrale de Meaux ?
L'impression peut-être que cette sculpture n'est pas à sa place ici. Une impression confortée en regardant un peu le travail de Jean Verame, dont l'essentiel de l'œuvre est
d'intervenir sur le paysage. Un travail de Land Art (http://fr.wikipedia.org/wiki/Land_Art). Ce qui n'empêche pas non plus l'artiste de produire des œuvres d'atelier (sculptures, bronzes, peintures, livres...). La
sculpture de Meaux est un peu entre les deux. Entre l'objet d'atelier et le travail monumental. La relation au paysage, au contexte, qu'implique la notion de Land Art, et donc le travail de
Verame, me conforte dans l'idée que l'œuvre n'est pas à sa place, ici, devant la mairie. Le volume de l'ouvre paraît écrasé par un décor pompeux, rétréci, et disons le : laid ! Pompeux,
parce que la façade de la mairie de Meaux l'est ! A l'étroit, au bout de la place de la mairie, au bord de la route. Et laid, parce que la place de la mairie (les quais aussi) en plus
d'être mal foutue, mal aménagée, offre un décor parasité par tout un tas de choses qui vont des décorations de noël, aux mobiliers urbains, en passant par les voitures, stationnées ou non... Bref
l'œuvre qui se voudrait contextuelle est pour le coup hors contexte !
Désert, c'est un paysage en lui même. Tout simplement parce qu'il représente un désert (ne cherchons pas plus loin). Un paysage marqué par une couleur, un bleu profond (qui
rappelle les vitraux de Chartres ou les monochromes de Yves Klein). Bleu. Une couleur vibrante, qui normalement est touchante quand on la regarde. Et une couleur qui devrait faire percevoir
l'objet, comme une boite magique, un objet presque spirituel, comme une bougie. Et devrait inviter au calme, à la méditation, à la rêverie. Et la non. Le pouvoir de "rayonnement"
du bleu, du vitrail, est complètement éteint. Juste parce que là où il est, l'objet n'est pas à sa place. Parce que le paysage imaginaire qu'il représente n'est pas en résonnance avec le paysage
réel dans lequel il se trouve. Au dessus de la Marne, sur un pont, sur un belvédère, ou quelque chose comme "un balcon sur la ville" (comme par exemple le parking du PLIR, devant la gare), la
sculpture de Verame prendrait une autre signification. Dans un jardin, dans un espace intime, un cocon, ou il paraîtrait démesuré (plus grand), il aurait encore une autre signification. Au milieu
d'un vaste parc, une prairie (un espace très grand), dans un cimetière, dans un intérieur (dans une église, dans un musée, dans un centre commercial pourquoi pas), à chaque fois une autre
signification, mais surtout une résonance de l'oeuvre par rapport à un contexte, qui la ferait exister. Là en fait c'est comme si l'oeuvre n'existait pas. J'ai un peu l'idée qu'on a
fait un geste artistique pour le geste, pour la forme... comme beaucoup de choses à Meaux d'ailleurs :-s
Je trouve vraiment dommage donc, que là où elle est, même si elle est beaucoup vue cette oeuvre (parce qu'elle est sur un lieu de passage important), Désert n'a pas une
grande aura, pas de résonance, avec le lieux, avec la ville, avec les gens qui la regarde (si il y en a qui la regarde ! Le feu tricolore à côté doit être plus regardé ^^). Au final cette
sculpture est plus "oubliable" que ne l'étais la fresque de la concession Ford, dans son genre.
J'ai le regret de ne pas voir assez d'art à Meaux. Dans les rues de Meaux. Dans l'espace public meldois. J'aime beaucoup de choses en art. J'aime le beau. J'aime aussi quand l'art fait
réfléchir. Et à Meaux on pourrait avoir une démarche envers l'art. Ce n'est pas le cas et c'est regrettable, vraiment. Apres, aller jusqu'à ce que fait Chelles, c'est à dire se positionner comme
ville d'avant garde de l'art contemporain... peut-être pas ^^. Et un article du Parisien dernièrement qui montrait une oeuvre installée dans un jardin public, sorte de panneau publicitaire
totalement noir, monolithe monumental et diffusant des bruits de bord de mer... me laisse un peu dubitatif sur la démarche. :-? En même temps je me garderais de juger une oeuvre que je n'ai pas
vu en vrai. L'art a toujours quelque chose de subversif de toute manière, à voir un des symboles de l'art contemporain, sur l'espace public : les Colonnes de Buren (Les
Deux Plateaux de la cour du Palais Royal : http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Deux_Plateaux), œuvre qui est revenue sur l'avant de la scène dernièrement, avec les relents de scandales habituels. Enfin si j'en
reviens à ce que je disais en début d'article, cette oeuvre plastique n'est pas subversive, et n'est pas belle dans le contexte ou elle est.
Enfin pour voir un peu plus du travail de l'artiste qui à réalisé ce vitrail contemporain, un lien vers le site de Jean Verame : http://www.verame.com . Et un clin d'oeil au titre de la sculpture, avec un clip vidéo d'une chanson
d'Émilie Simon : Désert ! Enjoy ;-)
Il y a tellement de manifestations de "goût de chiottes" dans cette ville (certaines décos de Noël, des parterres de fleurs qui demandent un énorme boulot aux jardiniers mais qui sont hideux faute de sobriété, etc.) que je me lance pour dire quand j'apprécie un truc.
Juste un reproche: le défaut de proportions avec l'environnement. Il aurait gagné à être deux ou trois fois plus grand. (Aïe! pas taper, Fabien^^)
Pourquoi je vous taperais ? Suis-je un tortionnaire ? ^^ Surtout que je suis d'accord avec vous. Une oeuvre d'art c'est du ressenti, de l'émotionnel avant tout. ça doit toucher. Au final l'oeuvre, seule, est touchante. Mais il y a un vrai problème d'échelle de la sculpture par rapport au lieu, qu'est la place de la mairie, et par rapport au socle sur lequel elle se trouve. Et effectivement, plus grande elle aurait plus d'impact. Posé à même le sol sur une pelouse... Ailleurs aussi. C'est ce que je dis.
Par contre la façade de la mairie n'est pas Haussmanniène. A part la pierre de taille... non c'est un bâtiment plutot pompeux, pompier, dans un style éclectique, où on retrouve des éléments classiques (comme les colonnes ionniques, les frontons triangulaires, la modénature des fenêtre), les grands toits très pentus façon chateau Renaissance, et tout une chantilly décorative comme des fleurs, des guirlandes, etc... c'est quand même un peu de mauvais gout, à mon sens, à la base, et en rajouter une couche en lui mettant un éclairage bariolé et des guirlandes électriques sur les colonnes, et ça tourne vite à Las Vegas ! lol.
Même le corps central du bâtiment qui fait office de façade principale, paraît démesuré. C'est un ajout de la fin 19eme, la façade originale de l'édifice de la mairie, c'est celle qui donne sur la place Moissan, sur le Parking : la dans un style très très sobre. très classique et stricte, mais qui me semble correspondre beaucoup plus a l'esprit de la ville et au caractère briard assez austère. Pour oser une comparaison, la façade de la mairie c'est le gout de la bourgeoisie Bling Bling de la fin du 19eme.
Sur la question de l'échelle, il faut regarder ce que fait Disney, c'est un facteur très important dans la façon dont ils dessinnent les murs, les bâtiments, les mobiliers urbains...
Si j'avais mauvais esprit, je dirais qu'il doit y faire bon vivre, vu la compétition sévère qui s'engage pour habiter six années au moins dedans...^^
- 1900 - Inauguration, le 4 mars, du nouvel Hôtel de Ville
Le batiment de l'Hôtel de Ville date entièrement de la fin du 19ème, trente ans au moins après la période où Hausmann a sévi à Paris.Vous avez une idée de ce qu'était le Paris d'avant avec ses ruelles sans égoût, ses maisons en torchis et sans eau courante? L'épidémie de choléra de 1826 (je crois) qui pouvait exploser de nouveau à tout instant? C'est beau le "typqie", mais sur des estampes. je vis deux mois par an dans une favela brésilienne et j'imagine donc très bien le quotidien des Parisiens avant Haussmann (en plus ils avaient le froid et les risques permanents d'incendie à cause du chauffage des maisons)
On ne lui reprochera qu'une chose, et une sérieuse: l'adéquation avec les besoins militaires et la création d'avenues "tranchées" pour que l'artillerie puisse oeuvrer en cas d'insurrection.
Mais qu'on me cite une capitale européenne d'importance qui n'a pas ces grandes avenues...
Et les Halles... Construites sous le second Empire elles demeurèrent fonctionnelles jusqu'à la Ve République malgré un triplement de la population de la région parisienne. Qui voit aussi loin de nos jours, quand il faut démolir des immeubles bâtis quarante ans plus tôt et que tout le monde s'arrachait à l'époque?
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PS: merci pour les informations sur l'hôtel de ville et sur ce qu'il y avait avant à sa place:
Et que dois-je penser, M. VERAME, d'un commentaire ou vous ne faites que vomir le mépris que semblent vous avoir inspiré les propos que j'ai pu tenir - et des propos qui n'engagent que moi, non ? Meaux le blog n’est pas un ouvrage de critique d’art
Enfin, J'aurais espéré mieux de la part de l'artiste qui a réalisé l'œuvre dont il est question ici. Qu’une réaction aussi « naze »… J’aurais même été honoré que vous veniez nous parler d'un travail que vous avez produit. Mais votre susceptibilité et la très haute estime que vous semblez porter à vous même ne vous y portent pas ? Tant pis ! C'est regrettable mais on ne va pas en faire un pataquès non plus. Bien, je resterai donc un imbécile. En même temps que les lecteurs de ce blog. De toute évidence nous ne sommes pas dignes de comprendre l'œuvre de MÔSSIEUR l'artiste.
Soyez sur d'une chose Monsieur VERAME, c'est que je n'ai certainement pas la prétention de détenir la vérité à propos de quoi que ce soit. Ici, je ne fais qu'exprimer mon ressenti. Et pourquoi pas dire qu'une sculpture me laisse relativement insensible ?
Surtout que la critique n'est pas infondée. Je dis pourquoi ça me laisse froid. Et j'essaie d'en comprendre les raisons. J'en viens même à conclure que ce n'est pas l'œuvre en soi qui est en cause, mais son environnement immédiat (la critique n'est donc pas négative pour vous). Mais vous ne l'avez peut-être pas lu, ou pris le temps de le lire. Ou bien je l'ai mal dit ? (C’est possible) Ou ce n'est pas ça et le vitrail est bien là où il est ? Alors dites nous pourquoi... Moi ça m'intéresserait de savoir et la démarche et la finalité.
Bon et quand bien même, quel mal de dire que je ne suis pas touché par cette sculpture ? Et puis si je ne le suis pas maintenant, qui ne dit que mon regard ne changera pas avec le temps ? En tout cas c’est ce que je crois, et c’est pour cela que je fais l'effort de le REGARDER ce vitrail... et même mieux, je vais même jusqu'à le donner au regard des autres et le MONTRER, ici même, sur ce blog.
Alors oui je ne comprends certainement rien à l'art (moi et mon mini bagage culturel… ce qui reste mieux que rien du tout), mais je fais l'effort de m'y intéresser... combien peuvent en dire autant ? Et à votre avis combien de personne font l'effort et prennent le temps de regarder votre travail. Et combien l'apprécie ? Combien ne l'aiment pas ? Combien s'en foutent ? Est-ce que vous, vous en foutez ? Au risque de froisser à nouveau votre ego, une œuvre d'art qui se trouve dans l'espace public ce n'est pas une œuvre que l'on choisi et que l'on garde chez soi dans son salon et que l’on garde pour soi (et les rares personnes à qui l'on a choisi de la montrer). Comprenez donc qu'elle ne fasse pas consensus, ou ne donnez pas dans ce genre de commandes publiques (à moins que ce ne soit un travail alimentaire comme on dit ?).
Bien, rassurez vous, malgré les remarques désobligeantes que vous m’avez offertes si gentiment, je ne remettrais pas en cause votre travail pour autant, et je reste tout à fait dans la possibilité d’aimer votre œuvre.
J’ose quand même croire que votre commentaire tiens plus du billet de (mauvaise) humeur qu’il n’est le reflet du personnage prétentieux et infecte qu’il laisse transparaître… Maintenant si vous voulez réagir plus positivement à cet article, en nous parlant de « Désert » je peux toujours effacer ce commentaire et celui qui en est l’origine.
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PS : si je me laisse aller à une remarque sur le rapport de la municipalité à l'art en général, je sais très bien faire la part des choses. Pas vous ?